Une fatigue souvent invisible… mais bien réelle
Beaucoup de personnes vivant avec un TDAH décrivent une fatigue profonde, persistante, difficile à expliquer.
Une fatigue qui ne disparaît pas forcément avec le repos, et qui laisse souvent un sentiment d’incompréhension :
« Je suis épuisé(e), alors que je n’ai pas l’impression d’en faire tant que ça. »
Cette fatigue n’est pas uniquement physique.
Elle est le plus souvent mentale, cognitive et émotionnelle.
👉 Et surtout, elle est réelle, même si elle ne se voit pas.
Le TDAH : un fonctionnement cognitif énergivore
Le cerveau TDAH fonctionne différemment.
Il doit fournir davantage d’efforts pour accomplir ce que d’autres font de manière plus automatique.
Au quotidien, cela se traduit par :
- une attention difficile à stabiliser
- une sollicitation constante par l’environnement
- un effort permanent pour rester concentré, organisé, présent
Chaque tâche demande :
- de se rappeler quoi faire
- de résister aux distractions
- de maintenir un cap
👉 Cette mobilisation constante consomme énormément d’énergie mentale.
Une surcharge mentale permanente
La fatigue liée au TDAH est très souvent liée à une surcharge cognitive.
Trop d’informations à gérer
- pensées nombreuses et rapides
- difficulté à trier ce qui est important
- cerveau rarement “au repos”
Trop de décisions à prendre
Là où d’autres automatisent, la personne TDAH doit :
- réfléchir à chaque étape
- anticiper les oublis
- compenser en permanence
👉 Cette charge invisible explique en grande partie l’épuisement.
L’adaptation constante : un facteur majeur de fatigue
Beaucoup de personnes avec un TDAH passent leur vie à essayer de “fonctionner comme il faut” :
- se retenir de parler
- se forcer à rester concentrées
- masquer leurs difficultés
- s’adapter aux attentes extérieures
Cette auto-surveillance permanente est extrêmement coûteuse sur le plan mental.
Et elle est rarement reconnue.
Quand l’hypersensibilité s’ajoute à la fatigue
Chez certaines personnes, le TDAH s’accompagne d’une hypersensibilité émotionnelle ou sensorielle.
Cela peut amplifier la fatigue :
- bruits, lumières, ambiances fatigantes
- émotions vécues très intensément
- conflits ou tensions qui laissent des traces durables
👉 Le système nerveux est plus réactif, donc plus vite saturé.
Pourquoi le repos ne suffit pas toujours
Dormir est indispensable, mais souvent insuffisant.
Pourquoi ?
Parce que la fatigue liée au TDAH n’est pas seulement liée au manque de sommeil, mais à :
- une surcharge cognitive
- une sollicitation émotionnelle constante
- un fonctionnement peu adapté aux exigences du quotidien
Se reposer sans adapter son fonctionnement peut même parfois laisser une impression de récupération incomplète.
L’apport central de la psychopédagogie face à la fatigue du TDAH
La psychopédagogie s’intéresse à la manière dont une personne apprend, comprend, s’organise et mobilise son énergie.
Dans le contexte du TDAH, elle permet de :
- comprendre l’origine de la fatigue
- identifier les sources de surcharge
- adapter l’environnement et les stratégies
- respecter le fonctionnement cognitif et émotionnel
👉 L’objectif n’est pas de “faire plus”, mais de faire autrement.
Plutôt que de demander à la personne de se forcer davantage, l’approche psychopédagogique cherche à :
- alléger la charge mentale
- externaliser ce qui peut l’être (rappels, supports, routines)
- construire des stratégies réalistes et durables
- redonner du pouvoir d’agir
La fatigue n’est alors plus vécue comme un échec personnel, mais comme un signal à comprendre et à ajuster.
Quelques pistes psychopédagogiques pour réduire la fatigue mentale
Sans chercher la perfection, quelques ajustements peuvent déjà soulager :
🔹 Externaliser au maximum
- listes visibles
- outils de rappel
- organisation adaptée
Moins le cerveau doit retenir, plus il économise de l’énergie.
- Réduire la stimulation
- pauses sans écran
- moments de calme
- environnement plus doux
- Même de courtes pauses peuvent faire une différence.
- Respecter son rythme
- anticiper la fatigue
- se reposer avant l’épuisement
- accepter ses limites
👉 La psychopédagogie invite à écouter les signaux plutôt qu’à les ignorer.
- Ce qu’il est essentiel de retenir
- La fatigue liée au TDAH est neurologique et cognitive
- Elle n’est ni une faiblesse ni un manque de volonté
- Elle mérite d’être comprise, pas combattue
La psychopédagogie offre un cadre pour mettre du sens, ajuster le quotidien et retrouver un équilibre plus respectueux de soi.
Comprendre son fonctionnement, c’est déjà commencer à s’alléger.
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Lorsque la fatigue devient trop présente, être accompagné(e) peut aider à mieux comprendre son fonctionnement et à ajuster son quotidien.
L’accompagnement psychopédagogique offre un espace pour mettre du sens, alléger la charge mentale et construire des stratégies respectueuses de son rythme.